Bitcoin (BTC) – Une véritable guerre autour de son white paper est enclenchée

Le succès actuel du Bitcoin n’attire pas que les investisseurs institutionnels qui doivent actuellement être en panique. Et sa philosophie open source historiquement dédiée à la mise en place d’un outil monétaire universel n’entraîne pas que de bonnes choses. Car toute réussite de ce type devient inévitablement un aimant à arrivistes sans vergogne et autres animaux sociaux avides d’une notoriété qu’ils ne méritent pas. Mais comme l’honnêteté intellectuelle n’étouffe malheureusement que les gens qui ont quelque chose d’intéressant à dire, le retour de Craig Wright était semble-t-il inévitable. 

Dans la liste des dégâts collatéraux liés à l’évolution du Bitcoin existe le malheureusement célèbre Craig Wright. Un individu qui fait partie de ces gens dont on ne sait pas si on doit en rire ou en pleurer. Et qui doivent traîner dans leurs bagages de belles blessures narcissiques encore purulentes. Ce qui ne l’empêche pas de venir régulièrement déverser ses tentatives pathétiques de revendiquer le statut de Satoshi Nakamoto, anonyme créateur du Bitcoin.

Une véritable obsession qui a aussi peu de sens que de légitimité. Et dont la seule arme en sa possession qui la rend réellement désagréable est le budget et l’énergie que ce dernier y investit. Une sorte de mauvaise blague dans un univers ou règne la philosophie open source et l’esprit communautaire et décentralisé. Mais qui vient cependant de connaître un nouveau rebondissement.

Craig Wright revendique le white paper du Bitcoin

Cette dernière « affaire » concerne le célèbre et historique white paper du Bitcoin (BTC). Un document qui en décrit les fondements et les grandes lignes techniques et philosophiques. Une sorte de Bible de la cryptosphère qui pose les bases de ce qu’est devenu l’univers des cryptomonnaies à l’heure actuelle. Et qui est disponible en libre accès et depuis des années sur les sites Bitcoin.org et BitcoinCore.org.

Une réalité qui semble ne pas convenir à celui que l’on surnomme « Fakoshi. » Ce dernier en revendique effectivement la rédaction et fait valoir les droits que cela pourrait lui conférer sur le document. Une démarche rendue légale en raison de la présence des avocats de Craig Wright dans cette équation saugrenue. Cela afin de réclamer son retrait pur et simple de ces deux sites. Le tout agrémenté de l’accusation de violation de ses droits d’auteur.

« Hier, Bitcoin.org et Bitcoincore.org ont reçu des allégations de violation du droit d’auteur du white paper du Bitcoin envoyées par des avocats représentant Craig Steven Wright. Dans cette lettre, ils affirment que Craig détient les droits d’auteur sur le white paper, le nom Bitcoin et la propriété de bitcoin.org. Ils affirment également qu’il est Satoshi Nakamoto, le créateur pseudonyme de Bitcoin et le propriétaire d’origine de bitcoin.org. » – Bitcoin.org

Un non-sens absolu au regard de la démarche dans laquelle a été créé le Bitcoin. Et qui démontre une nouvelle fois que Graig Wright ne mérite rien de ce qu’il exige. Cela même – ou surtout – dans l’éventualité improbable où il y aurait ne serait-ce qu’un soupçon de vrai dans ses allégations. Mais une démarche qui a tout de même et malheureusement reçu un écho favorable. Cela sous la forme du retrait du white paper du Bitcoin effectué par le site BitcoinCore.org.

Droits d’auteur vs open source

Une réaction bien trop rapide et fortement dommageable. En particulier car elle va servir à alimenter la mégalomanie de Craig Wright. Ce dernier n’a effectivement pas besoin de plus de « preuves » que ce genre de réactions pour tenter de légitimer son opération. Un fait souligné dans une publication rédigée par l’un des contributeurs de ces sites qui porte le pseudonyme de Cøbra.

« Malheureusement, en réponse à ces allégations de violation du droit d’auteur et sans consultation, les développeurs de BitcoinCore ont supprimé le white paper du Bitcoin du site bitcoincore.org. Donnant ainsi du crédit à ces fausses allégations.«  – Cøbra

Mais cette première étape n’est que le début de ce qui se présente comme une véritable guerre de l’hébergement et de la diffusion de ce document. En premier lieu car comme l’explique Cøbra, le white paper du Bitcoin bénéficie d’un publication sous une licence MIT. Ce qui est le cas de tous les fichiers originaux liés à sa création. Une réalité qui l’inscrit de facto dans une logique open source et qui le dégage de toute volonté d’en revendiquer les droits.

La guerre du white paper est enclenchée

Un constat qui donne lieu actuellement à une véritable vague de soutien de la part de nombreux acteurs de l’univers des cryptomonnaies. Cela sous la forme d’une campagne d’hébergement de ce white paper devenu controversé. Une procédure qui touche en particulier les fervents défenseurs du Bitcoin comme le maximaliste Michael Saylor, PDG de la société MicroStrategy. Ce dernier annonce en effet qu’il va en héberger un exemplaire sur plusieurs de ses sites Internet.

Michael Saylor va héberger le white paper du Bitcoin

Mais ce mouvement de contestation spontané touche également des structures plus inattendues. Comme par exemple la filiale Novi de Facebook en charge de la gestion du portefeuille dédié à sa cryptomonnaie Diem. Ou encore la branche dédiée aux cryptomonnaies de la société Square. Ce qui démontre que l’aspect idéologique et communautaire du Bitcoin n’est pas un vain mot. Et que sa défense est assurée par de nombreux partisans de sa libre circulation.

Une mauvaise nouvelle pour Craig Wright qui devra maintenant faire face à (bien) plus gros que deux simples structures à but non lucratif. Et qui va permettre de mesurer la détermination avec laquelle il sera capable de poursuivre cette cabale inutile et stérile. Sachant qu’il vaut mieux ne pas avoir de Satoshi Nakamoto du tout plutôt qu’un clown dans son genre. Et que s’il met la main sur les droits qui entourent ce white paper du Bitcoin il ne fait aucun doute qu’il en fera un très mauvais usage.

 

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